MICHEL COUTURIER
Through the Looking Glass
2017

 

Se référer à des lieux de frontière entre mer et terre en tant que lieux à habiter et à domestiquer, alors qu’ils sont effectivement transformés en 
« domus » forcés pour des hommes et des femmes qui migrent pour chercher refuge dans d’autres vies potentielles, induit à des questions dramatiques d’ordre politique. Les espaces frontaliers et la mer elle-même deviennent des patries temporaires où les Etats stockent littéralement et violemment des êtres humains gardés dans un état indéfini de transition et d’exception. On assiste ici à la complexité de traiter esthétiquement du déracinement et de la surveillance à un moment où ils sont pratiqués politiquement et socialement d’une manière de plus en plus perverse […]

[…] Dans cet ensemble composé des ports et de navires, malgré les falaises, l’océan et le ciel, l’espace est totalement maîtrisé et contrôlé par le dispositif de gestion de la circulation des personnes et des choses. On n’a pas de prise sur cela. Le temps et donc notre temps individuel, est lui aussi tout à fait maîtrisé, rendu fonctionnel entre les files d’attentes, l’embarquement, la consommation, un peu comme la donnée temporelle d’un fichier son ou image.

Extrait d’une conversation entre Michela Sacchetto et Michel Couturier.